Frères Musulmans : «À La Sorbonne, il y a des sujets qui fâchent»

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L’histoire d’un bien étrange renoncement. Cela se passe à l’Université parisienne de la Sorbonne. Une conférence sur l’entrisme islamiste, qui devait se tenir 12 mai, a été mystérieusement suspendue.

Cette conférence devait être donnée par une chercheuse en anthropologie, Florence Bergeaud-Blackler. Elle devait parler de son dernier ouvrage, sorti en janvier, et intitulé “ le frérisme et ses réseaux, l’enquête”. Elle avait été invitée dans un double cadre : celui du Diplôme universitaire « Référent laïcité », qui travaille sur la confrontation de la République avec le fait religieux, et celui du Collège de philosophie.

Mais coup de théâtre hier , la chercheuse est informée, par un intermédiaire, que la doyenne mystérieusement “suspendu” la conférence pour des “raisons de sécurité”.

Pour qu’on comprenne, un mot sur Florence Bergeaud-Blackler et son travail.

Florence Bergeaud-Blackler appartient à un institut de recherche public, le CNRS, et elle a une spécialité : l’islamisme. Elle s’est intéressée à la nourriture hallal, à la formation d’une norme sociale de pureté islamique en Europe, et cela l’a conduite à travailler longuement sur la confrérie des frères musulmans. Cette société plus ou moins opaque développe, selon elle, une philosophie politico religieuse et un plan, pour établir un califat en Europe. Elle documente ses affirmations par un corpus de texte. Mais son travail lui vaut de nombreuses inimitiés, y compris au sein de la recherche publique. On la traite de complotiste, de raciste, d’islamophobe. Elle explique qu’elle fait l’objet de fortes pressions, qu’on multiplie les obstacles sur son sujet de recherche. FBB travaille sous tension.

Et la doyenne Université de la Sorbonne a donc annulé la conférence?

J’ai eu un échange par mail lapidaire avec l’Université hier, on m’a expliqué que la conférence n’était ni “ annulée ni censurée”, mais reportée à une date ultérieure. Je n’ai en revanche eu aucune réponse, sur les fameux “motifs de sécurité”. Florence Bergeaud-Blackler explique qu’elle n’a été alertée de rien, aucune campagne contre la conférence. Elle est donc tombée de sa chaise, d’autant que la direction de l’Université ne l’a même pas contactée.

Qu’est-ce qu’on doit comprendre de tout cela ?

En l’absence de justification de l’Université, on peut quand même formuler quelques réflexions. D’abord, il règne un tabou sur l’Université française, autour de l’islamisme. Pour Florence Bergeaud-Blackler, cela rend la recherche quasiment impossible. Selon elle, le référentiel imposé par les frères musulmans qui consiste à assimiler toute étude, toute critique, à de l’islamophobie fonctionne à merveille : pas besoin de menaces, l’autocensure fait le travail toute seule. Pour Florence Bergeaud Blackler, depuis la décapitation de Samuel Paty, ceux qui résistaient encore ont tellement peur qu’ils ont renoncé.

Une défaite intellectuelle pour l’Université française

C’est terrible. Dans tous les cas, l’Université sort dégradée de cette histoire. Soit il y a de vraies menaces et nous sommes dans la situation intolérable où l’institution a capitulé. Elle s’est soumise sous la menace. Elle renonce à protéger chercheurs et étudiant. Cela donnerait terriblement raison à la Florence Bergeaud-Blackler, il y a bien une menace physique exercée par les frères musulmans et leurs réseaux sur la liberté de recherche et d’expression. Et personne pour y faire face.

Soit il n’y a pas de menaces réelles, et l’Université a simplement intégré la défaite intellectuelle de la raison face au fait religieux. Les notions de blasphème, de liberté d’expression conditionnée au fait de ne pas choquer les croyants musulmans ont été intégrées sans discuter. Il y a des sujets auxquels on ne touche plus. Elle a tout simplement éteint la lumière, en silence.

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